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avec Mélanie Frey
Le guide gratuit : Guide d'introduction à la longévité
Plus d'énergie aujourd'hui, plus de marge à 80 ans : les mêmes leviers.
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Mélanie Frey, kinésithérapeute de formation devenue naturopathe et créatrice de contenu, raconte pourquoi elle a arrêté la kiné pour apprendre aux gens à rester en bonne santé. L'épisode couvre son parcours (une dépression et des troubles alimentaires pendant les études, un cabinet à Vincennes puis le retour à Nancy), dix ans de réseaux sociaux avant que ça décolle, le rôle de l'entourage, son modèle économique et son livre chez Hachette. Elle recadre aussi le mot holistique, qui ne veut pas dire non scientifique, et finit sur du concret : le sommeil se prépare dès la journée et le dîner tardif plombe la nuit.
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Kiné diplômée, 260 000 abonnés sur Instagram, un livre chez Hachette. Mélanie Frey a arrêté de soigner au cabinet pour apprendre aux gens à rester en bonne santé.
Dans cet épisode de SequoiaLab, elle raconte un parcours qui n'a rien d'une ligne droite, explique ce qu'est vraiment une approche holistique, et finit sur du concret : le sommeil se prépare dès la journée.
Originaire des Vosges, Mélanie a 33 ans. Elle rêvait d'être médecin. En première année, l'attitude de certains enseignants la refroidit : elle se faisait l'idée d'un soignant attentif, qui prend son temps. Une phrase entendue au bon moment ("moi, je te vois plus kiné") la fait basculer. Elle mise tout sur le concours de kiné et l'obtient du premier coup.
Pendant ses études, les troubles du comportement alimentaire qu'elle a depuis l'adolescence s'aggravent et elle traverse une dépression. Elle prend une année de plus pour ses stages et son mémoire, consacré aux huiles essentielles, et se soigne. Diplômée en 2015, elle fait de l'assistanat à Épinal, ouvre un cabinet à Vincennes, puis rentre à Nancy quand son père tombe gravement malade.
Aujourd'hui, elle n'exerce plus comme kiné. Elle est créatrice de contenu et naturopathe à plein temps, et accompagne en ligne des femmes en errance médicale.
On a un système de maladie, pas un système de santé. On soigne des symptômes, mais on n'apprend pas aux gens ce qui favorise la santé. Pour Mélanie, chacun a un grand pouvoir sur sa santé à travers ce qu'il fait au quotidien. Le rôle du soignant est de le lui apprendre, puis de lui demander s'il a envie de reprendre ce pouvoir.
Pendant sa dernière année d'école, une question la gêne profondément : "si moi-même, je ne suis pas bien, si moi-même, je ne suis pas soignée, comment je vais faire pour soigner les gens ?" Elle sait que beaucoup de soignants vivent avec ce décalage. Elle, non. Cette exigence d'aller bien soi-même pour accompagner les autres est restée le fil de son parcours.
Dès son premier salaire, elle réinvestit ce qu'elle gagne dans des formations : médecine chinoise, naturopathie, cohérence cardiaque, méditation de pleine conscience, aromathérapie, plusieurs formations de yoga, hypnose. Elle en rit aujourd'hui : certaines ne lui servent plus. Elle n'en garde que deux comme socle de ses accompagnements, la médecine chinoise et la naturopathie.
Son attachement à la médecine chinoise vient de son histoire. Après une anorexie à 15 ans, elle n'a plus eu de règles pendant six ans. Elle raconte que trois séances d'acupuncture et des plantes ont suffi, dans son cas, à faire revenir son cycle. C'est son témoignage personnel, et il a orienté toute sa carrière.
C'est son mari qui l'a poussée à se lancer, en 2016, en lui promettant de l'aider pour le montage. Les débuts sont lents : de 0 à 1 000 abonnés, elle a l'impression d'être invisible. Une influenceuse fitness venue à son cabinet la fait passer à 5 000 ou 6 000. Elle reste ensuite autour de 5 000 abonnés pendant des années.
Puis vient la rencontre avec Marie Tuffery, devenue une amie proche. Grâce à un coffret de méditation testé dans son vlog, Mélanie passe de 10 000 à 17 000 abonnés. Plus tard, une vidéo dépasse le million de vues sans qu'elle sache vraiment pourquoi. C'est la cascade : 50 000, puis 90 000 abonnés, le moment où plusieurs maisons d'édition la contactent. Elle signe chez Hachette et arrête la kiné pour écrire son livre.
Pour Mélanie, tu es la somme des personnes que tu côtoies le plus. Ce qui l'inspirait chez certaines créatrices, ce n'était pas la célébrité, c'était la liberté de gérer son temps. Elle a donc cherché à s'entourer de personnes qui vivaient déjà ce mode de vie. Parfois, il suffit qu'une personne arrive au bon moment et te montre que c'est possible pour débloquer une croyance.
Elle en parle sans détour : la moitié de ses revenus vient des collaborations avec des marques, l'autre moitié de ses accompagnements en naturopathie.
Pierre associait "holistique" aux thérapies alternatives. Mélanie recadre. Le mot vient de holos, la globalité. Être holistique, c'est s'intéresser à l'être humain dans son ensemble : alimentation, sommeil, activité physique, respiration, stress. Plus tu couvres de piliers de la santé, plus ton approche est holistique. "Holistique, ça ne veut pas du tout dire que tu fais des choses qui ne sont pas reconnues par la science."
Elle se dit pour la médecine moderne. Pour elle, les thérapies complémentaires ont leur rôle à jouer en plus du suivi médical, et c'est main dans la main qu'on obtient les meilleurs résultats. Dans l'échange, le mot retenu est "complémentaire" plutôt qu'"alternative", qui sous-entend qu'on remplace.
Cette année, elle a obtenu le DU Médecine, méditation et neurosciences à Strasbourg, qui étudie ce que la méditation change dans le fonctionnement du cerveau.
Quand on dort mal, on pense d'abord à l'heure du coucher et à la routine du soir. Mélanie regarde d'abord la journée : est-ce que tu bouges assez, comment tu manges, est-ce que tu arrives à moduler ton stress ?
Le soir, quand la lumière baisse, elle conseille de dîner tôt, de se détendre, de limiter les écrans et de choisir des activités douces : lecture, yin yoga, jeu de société. Elle évite le sport intense en soirée quand le sommeil pose problème. Elle l'a vécu : après ses cours de conditioning du lundi soir, l'endormissement était une catastrophe.
Beaucoup de personnes perturbent leur sommeil en mangeant trop tard, trop gras ou trop lourd. Son exemple surprend : un poulet rôti avec du riz maison, mangé à 21h, peut déjà gêner la nuit. Il ne s'agit pas de manger une salade, mais un repas digeste. Pierre, lui, dîne vers 19h avec sa compagne. "Manger avec les poules", disent-ils.
Pour le sportif qui veut performer, elle ne cherche pas la perfection. Tous les piliers sont liés : un sommeil parfait ne compense pas une alimentation négligée. L'idée est de faire monter chaque pilier d'un cran, avec de petites actions concrètes. Parmi ses exemples : commencer la journée par un grand verre d'eau tiède plutôt que par un café, et mastiquer lentement.
Pierre et Mélanie se rejoignent sur un point : la kiné est un métier idéal pour l'éducation thérapeutique. Au quotidien, le kiné parle sommeil, mouvement et habitudes avec ses patients. Pierre raconte qu'il lui arrive de prévenir certains patients que quelques séances ne suffiront pas si le mode de vie ne suit pas.
Toute la nuance est dans la façon de le dire. Pas "c'est de ta faute", mais "tu as un pouvoir sur ta santé, et je peux t'apprendre à t'en servir". Pierre garde une approche plus centrée sur les études. Mélanie défend une vision plus large. Les deux s'accordent sur l'essentiel : remettre la personne en position d'agir.
Non. Elle a été kiné pendant une dizaine d'années et a arrêté au moment de signer son contrat avec Hachette. Elle est aujourd'hui naturopathe et créatrice de contenu.
Dans l'épisode, elle cite l'alimentation, la respiration, le sommeil, l'activité physique, l'élimination, la gestion du stress (qu'elle appelle le calme intérieur) et la vie sexuelle. Elle les détaille dans son livre Les 8 piliers de ma santé (Hachette Pratique, 2025).
Non, et c'est la position de Mélanie elle-même. Elle les voit en complément du suivi médical, jamais à la place. Cet épisode partage un témoignage et ne remplace pas un avis médical.
Mélanie l'a constaté sur elle : après une séance très intense en soirée, elle avait du mal à s'endormir. Elle conseille de privilégier des activités calmes le soir quand le sommeil pose problème.
Les propos des invités n'engagent qu'eux. Ce contenu est une information générale et ne remplace pas une consultation. Pierre Favrel ne prescrit aucun traitement.
Plus d'énergie aujourd'hui, plus de marge à 80 ans : les mêmes leviers, et comment un kiné du sport raisonne. 8 minutes, en ligne et en PDF.