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avec Mathieu Oliveira
Le guide gratuit : Guide d'introduction à la longévité
Plus d'énergie aujourd'hui, plus de marge à 80 ans : les mêmes leviers.
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Mathieu Oliveira, receveur aux Blue Stars de Marseille, a découvert le football américain en 2018 et signé en GFL allemande en 2022. Il raconte comment il est passé d'un club de Nancy à l'Allemagne puis à l'élite française en quatre ans, le syndrome de l'imposteur et une année sans football. L'épisode détaille sa semaine type à 6 à 8 séances, le dosage du volume par blocs de quatre semaines avec son préparateur, les qualités d'un receveur et les commotions. Puis le volet longévité : nutrition préparée à l'avance, kiné chaque semaine, sommeil, pressothérapie, bain froid, et le mental qui permet de durer.
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Découvrir un sport en 2018, être recruté par un club allemand en 2022. Mathieu Oliveira a compressé en quatre ans un parcours qui prend d'habitude une jeunesse entière. Pierre le connaît depuis leurs séances dans une box de CrossFit.
Dans cet épisode de SequoiaLab, il raconte son ascension, sa semaine d'entraînement, la gestion du volume, les commotions, et tout ce qu'il met en place pour durer.
Mathieu a 29 ans. Il est receveur aux Blue Stars de Marseille. Il vient d'une famille sportive : judo, basket, tennis de table, athlétisme en UNSS. C'est une série Netflix qui lui fait découvrir l'esprit du football américain, cette idée d'aller au combat pour le coéquipier de droite comme pour celui de gauche. Il commence à Épinal en 2018 sans même connaître les règles.
Il démarre une préparation physique spécifique en janvier 2020, en plein Covid, avec le préparateur qui le suit encore aujourd'hui. En mai 2022, après des tests où son sprint impressionne le coach, il signe en GFL, le championnat allemand. Après une saison là-bas puis une année sans football, il rejoint Marseille.
On peut s'entraîner six à huit fois par semaine sans se casser, à condition d'être suivi, de doser le volume et de traiter la récupération comme une partie de l'entraînement. Mathieu voit son corps comme un investissement. Chaque année, il ajoute un outil : préparateur, nutritionniste, kiné, pressothérapie, bain froid, bracelet de suivi du sommeil.
En Allemagne, il ne joue pas le premier match. Il le comprend après coup : il n'était pas prêt. Il se sent longtemps à une place qu'il ne mérite pas. Le déclic arrive avec son premier touchdown, quand ses coéquipiers lui sautent dessus. Il apprend l'anglais sur place, découvre des entraînements à 60 joueurs au lieu de 20, cadrés à la minute, et des stades de 3 000 personnes.
Sa règle de l'époque : travailler au maximum pour ne rien regretter. Si ça ne convient pas au coach, au moins il aura tout donné.
Après sa saison allemande, il ne peut pas y retourner. Suit une année sans foot et une période très dure sur le plan personnel. Il le dit sans détour : c'est le football qui l'a remis debout, avec un simple message de son préparateur qui prenait de ses nouvelles. Il reprend alors l'entraînement à un rythme qu'il juge lui-même dangereux pour sa santé.
Le contact avec Marseille passe par un live YouTube, grâce à un joueur qu'il suivait en vidéo et qu'il a affronté en Allemagne. Le coach marseillais l'invite à un essai. Cinq jours plus tard, il prend sa voiture et part. Sa préparation était telle qu'il savait être incisif sur ses tracés.
Le choc, cette fois, c'est la vitesse de jeu. Le jeu allemand est physique, le jeu français très rapide. À son arrivée, il fait partie des receveurs les moins rapides, et doit apprendre des systèmes de jeu qu'il ne connaissait pas.
Une précision qu'il tient à faire : "On a l'hygiène de vie, le rythme de vie d'un pro, mais on n'est pas pro." En France, les clubs sont des associations. Ils aident pour la licence, le logement ou l'emploi, mais ne permettent pas d'en vivre.
Lever à 6h tous les jours, travail de 8h à 16h, entraînement personnel jusqu'à 19h30, puis entraînement de foot. Retour vers 22h30. Sur la semaine : trois séances de musculation, deux de sprint, trois de football. Les jours de foot, la séance de l'après-midi est du sprint, sans salle.
Ce volume, il ne pouvait pas l'encaisser au début. Son corps y a été préparé, progressivement.
Avec son préparateur, il travaille par blocs : trois semaines d'intensité croissante, une quatrième de décharge. Six semaines, c'est trop pour lui. Il s'entraîne au ressenti (RPE) plutôt qu'aux charges affichées sur la barre.
Sa nuance sur l'écoute du corps : "Je suis fatigué, je vais m'entraîner, mais j'adapte mon entraînement avec ma fatigue." Un jour moins bon, il sprinte à 90 % au lieu de 100 %. Mais il y va.
Seul, il s'entraînait en séries classiques, sans progression planifiée, et quasiment qu'en force sur deux ou trois répétitions. Il dit s'être cramé nerveusement. Son préparateur a introduit la progression des charges, l'haltérophilie pour la triple extension, la trap bar à la place du soulevé de terre, des sauts sur une jambe et des réceptions amorties pour la santé des genoux, et de la zone 2.
La zone 2, justement, il n'arrive pas à la tenir en courant : il monte tout de suite. Pierre a le même problème et la fait sur vélo. Mathieu aussi.
L'explosivité au départ et dans les changements de direction, des appuis solides, le focus œil-ballon. Et la mémoire courte : un match parfait n'existe pas, il ne faut pas bloquer sur une erreur. Son meilleur chrono sur 40 yards (environ 36 mètres) est de 4,60 secondes. Il a pris du poids volontairement depuis, pour mieux encaisser les chocs.
Pour Mathieu, une blessure, c'est ce qui l'écarte du terrain. Le reste, ce sont des bobos qu'il soigne en continuant de s'entraîner. La seule blessure qui l'a vraiment sorti du jeu est une commotion cérébrale, lors de l'un de ses premiers matchs. Il estime en subir deux à trois par saison et dit en sentir des séquelles. Il raconte aussi s'être relevé en Allemagne en demandant pourquoi la pelouse était violette, avant de repasser le protocole et de revenir au jeu trois actions plus tard.
Il est suivi par une nutritionniste et s'y tient. Il cuisine deux fois par semaine, le dimanche et le mercredi, et prépare son pilulier de la semaine le dimanche soir, une astuce que Pierre lui avait passée. "La nutrition, je le considère comme un cheat code."
Il dort autour de 7h à 7h30 et rêve d'atteindre 8 heures. Bouchons d'oreilles et cache-yeux quand il est fatigué. Il voit le kiné une fois par semaine, deux en cas de pépin, et estime qu'on parle trop peu du rôle du kiné dans la prévention. Pressothérapie trois à quatre fois par semaine à la maison, bain froid, et cette année un Whoop pour comprendre ses mauvaises nuits.
Avec un budget et un temps illimités, il n'achèterait pas de matériel en plus. Il dormirait davantage, avec ses huit heures et une sieste. Ce qu'il veut éviter : ne plus pouvoir plier les genoux à 50 ans.
Ce qui frappe chez Mathieu, c'est moins le volume que sa structure : des blocs avec décharge, un préparateur qui adapte au calendrier, le ressenti comme guide, et du travail de fond (unilatéral, réceptions, zone 2) qui ne se voit pas mais protège. Son conseil au débutant va dans ce sens : se faire suivre plutôt que copier les exercices vus sur les réseaux, car on ne sait pas ce que l'athlète a fait pendant dix ans pour en arriver là.
Sur les commotions, son témoignage rappelle à quel point le retour au jeu peut être rapide sur le terrain. C'est un sujet à prendre au sérieux et à voir avec un médecin, quel que soit le sport.
Mathieu a découvert le football américain en 2018 et signé en GFL en 2022. Il attribue ce parcours à un très gros volume de travail et à une préparation physique suivie dès 2020.
Six à huit : trois de musculation, deux de sprint et trois de football, en plus de son travail.
Non. Les clubs sont des associations. Les joueurs de l'élite ont un rythme de pro, mais n'en vivent pas.
D'abord se faire suivre par un préparateur physique, car une programmation dépend du poste. Puis investir, s'il le peut, dans la nutrition, le kiné et la récupération.
Les propos des invités n'engagent qu'eux. Ce contenu est une information générale et ne remplace pas une consultation. Pierre Favrel ne prescrit aucun traitement.
Plus d'énergie aujourd'hui, plus de marge à 80 ans : les mêmes leviers, et comment un kiné du sport raisonne. 8 minutes, en ligne et en PDF.